Imprimer
Oct
01

Situation de Mme Ioulia Timochenko

En session à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (1) à Strasbourg

Extrait de l’intervention de François ROCHEBLOINE, au nom du Groupe du Parti populaire européen dans le cadre du débat libre du 1er octobre 2012 :

SESSION ORDINAIRE DE 2012

________________

(Quatrième partie)

COMPTE RENDU

de la vingt-neuvième séance

Lundi 1er octobre 2012 à 15 h 30

 
M. ROCHEBLOINE (France) – Monsieur le Président, mes chers collègues, le sort réservé par les actuelles autorités politiques de l’Ukraine à Mme Ioulia Timochenko a suscité une émotion unanime dans l’opinion internationale. Mon groupe partage cette émotion.

La condamnation de Mme Timochenko est devenue définitive après le rejet de son pourvoi en cassation. De l’avis de tous les observateurs, cette condamnation est intervenue au terme d’une procédure qui n’a respecté aucune des garanties élémentaires de la défense.

Madame Timochenko a porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme. Nous attendons avec intérêt la décision de la Cour et ses motivations, sachant par expérience que sa pratique exclut toute dissimulation ou toute complaisance. Si cette décision confirme les critiques exprimées antérieurement contre la procédure, nous espérons que les autorités ukrainiennes sauront se conformer à leurs engagements internationaux et mettre fin à des pratiques contraires aux droits élémentaires de l’homme.

L’histoire de l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale nous offre malheureusement de trop nombreux exemples de situations où la volonté d’élimination d’un adversaire politique conduit à se satisfaire du recours à l’apparence du droit et au simulacre de la preuve. Nous espérions que de tels procédés appartenaient à un passé totalitaire, nous espérions que la chute du mur de la honte permettrait aux Etats et aux peuples de l’Est européen de se persuader que la démocratie et la liberté sont les meilleurs atouts pour la cohésion et la force d’une nation. La poursuite résolue de la coopération entre Etats dans cette perspective est l’une des plus puissantes raisons d’être du Conseil de l’Europe.

La situation faite, non seulement à Mme Timochenko, mais aussi à de nombreux autres opposants, traduit de ce point de vue une régression alarmante.

Par des procédés obliques, le gouvernement ukrainien a choisi d’écarter tous les dirigeants de l’opposition dont Mme Timochenko est le symbole. L’acharnement qu’il met à réaliser cette éviction ne plaide pas en sa faveur : en recourant à l’intimidation et à la persécution, il ne grandit pas sa cause.

Ces procédés n’ont pas fait taire la voix de l’opposition et Ioulia Timochenko, samedi, sur son lit d’hôpital, a lancé un appel aux citoyens ukrainiens pour les élections à venir. Ces élections seront un test pour l’Ukraine, celui de sa capacité à organiser, comme l’a promis son Président « des élections honnêtes ». Mais pour cela, il faut que les procès politiques camouflés cessent immédiatement !

Le groupe PPE appelle à la reprise d’un véritable dialogue démocratique en Ukraine. C’est l’intérêt de l’Ukraine. C’est l’intérêt de l’Europe.

[…/…]

Cliquez ici pour lire le compte-rendu