Imprimer
Juil
21

Prorogation de l'état d'urgence au nom de la cohésion nationale !

Le résultat du vote sur l'ensemble du projet de loi de prorogation de l'état d'urgence, en 1ère lecture, le 19 juillet, ne doit pas masquer la réalité : une large approbation à l'issue d'un vrai débat parlementaire, parfois très vif mais globalement plutôt resté digne, n'a pas empêché l'expression de propositions, de nombreuses critiques et réserves à l'égard de la politique du Gouvernement. Après Jean-Christophe LAGARDE, je suis intervenu au nom du groupe UDI pour préciser notre position.

Scrutin Etat urgence 2016 07 20

- Le Jeudi 21 juillet, à l'Assemblée nationale sur le texte adopté en Commission Mixte Paritaire (CMP) - Voir la vidéo

(voir également la vidéo de mon intervention du 20/07/2016 en 1ère lecture)

2016 07 21 FR ExplicVote CMP ProrogationEtat Urgence

M. François Rochebloine. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, monsieur le président de la commission des lois, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, voilà une semaine, 84 personnes perdaient la vie au cours d’un nouvel attentat qui a meurtri la France tout entière. Alors que notre pays est encore endeuillé, alors que nous pleurons nos morts, nous devons faire preuve de maturité politique, être à la hauteur des enjeux, nous hisser à la hauteur de notre histoire nationale, qui redevient tragique.
Dans ces circonstances dramatiques, la politique politicienne et les enjeux électoraux n’ont pas leur place. Dans un tel moment, la cohésion nationale est la seule attitude qui vaille. Elle est la première des priorités.

M. Jean-Luc Laurent. Enfin un discours posé !

M. François Rochebloine. Monsieur le secrétaire d’État, c’est dans cet esprit que le groupe de l’Union des démocrates et indépendants a toujours soutenu le Gouvernement, dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, dans l’effort de guerre, lorsqu’il s’agissait d’intervenir militairement, en votant chacune des lois proposées lorsqu’il s’agissait de renforcer notre arsenal antiterroriste qu’il convenait d’adapter à cette menace inédite. Nous ne sommes jamais tombés dans la surenchère. Nous avons essayé de tenir des propos à la hauteur des circonstances, dans un esprit de responsabilité.
Au lendemain du 13 novembre, la prorogation de l’état d’urgence nous semblait évidente. Aujourd’hui, après neuf mois de perquisitions administratives, neuf mois d’assignations à résidence, une fois passé l’effet déstabilisateur lié à la surprise des opérations menées, cet état d’exception doit-il être prolongé ?
Convenez-en, monsieur le secrétaire d’État, vous nous demandez de valider la prorogation de l’état d’urgence au bénéfice du doute car, au fond, beaucoup d’incertitudes et de doutes planent autour de cette question. Quoi qu’il en soit, ainsi que l’a indiqué Jean-Christophe Lagarde en première lecture et comme je l’ai rappelé à l’issue de nos débats dans la nuit de mardi à mercredi, les symboles comptent en démocratie, et encore plus en temps de guerre.
Nous vous apporterons donc notre soutien et voterons en faveur du texte issu de la commission mixte paritaire, même si nous regrettons que la création d’une commission parlementaire de contrôle de l’état d’urgence ne figure plus dans le texte.

M. Pascal Popelin, rapporteur. À l’initiative des sénateurs !

M. François Rochebloine. Nous connaissons les responsables…

M. Pascal Popelin, rapporteur. Merci !

M. François Rochebloine. En revanche, parmi toutes ces incertitudes, ce dont nous sommes certains, c’est que la prorogation de l’état d’urgence n’est qu’une infime part de la réponse. Nous devons à nos concitoyens un discours de vérité. Nous vivons un bouleversement de notre histoire et il faudra bien plus pour gagner cette guerre d’un genre nouveau qui s’en prend à notre société, à notre démocratie, à la vision universaliste, laïque et humaniste de notre nation.
Monsieur le secrétaire d’État, je vous le répète, seule une véritable stratégie de guerre claire, partagée, expliquée aux Français et soutenue par une action déterminée de l’État pourra créer la mobilisation nationale indispensable dans tout conflit pour l’emporter. Pour cela, nous devons organiser, dès la rentrée, un débat parlementaire sur la stratégie que doit adopter notre pays.
Cette stratégie devra impliquer bien davantage que nos dirigeants nationaux : elle devra mobiliser l’ensemble des Français. Au-delà des symboles, au-delà des efforts sécuritaires, c’est par l’éducation, c’est par la culture et le partage de l’histoire, c’est par la transmission des valeurs qui sont les nôtres et qui nous sont si chères que nous triompherons.
Là est le combat que nous devons mener dans les jours prochains, dans les mois et les années à venir, pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés, pour les victimes et leurs familles, pour nos enfants et pour la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union des démocrates et indépendants et du groupe Les Républicains.)